Boisement, reboisement, agroforesterie : les différences

Publié le · 4 min de lecture · par STOCK CO2, opérateur de projets labellisés

Boiser, c’est planter une forêt là où il n’y en avait pas. Reboiser, c’est reconstituer une forêt existante qui a été détruite ou qui dépérit. L’agroforesterie, c’est faire coexister des arbres et une production agricole sur la même parcelle. Ces trois gestes n’ont ni les mêmes conditions, ni le même calcul carbone, ni la même méthode dans le Label Bas-Carbone.

Boisement de terres agricoles au Bois de la Vernée, en Saône-et-Loire
Boisement de terres agricoles au Bois de la Vernée, en Saône-et-Loire

Le boisement : créer une forêt

Le boisement consiste à installer un peuplement forestier sur un terrain qui n’était pas boisé : une friche, une terre agricole délaissée, une parcelle devenue improductive. Le scénario de référence est donc l’absence d’arbres.

C’est le cas de figure où l’écart de carbone est le plus net, puisqu’on part d’un stock quasi nul. La méthode Boisement, portée par le Centre national de la propriété forestière, comptabilise cette séquestration sur trente ans.

Sur ce site, le bois des Batailles des Très-Saints, à Tours-en-Vimeu dans la Somme, relève de ce cas : 3,4 hectares de terres agricoles converties, plantés en six essences feuillues, avec un engagement de maintien de l’état boisé sur trente ans.

Le reboisement : réparer une forêt

Le reboisement s’applique à une forêt qui existait et qui ne se régénère plus seule : après un incendie, une tempête, une attaque sanitaire ou un dépérissement lié à la sécheresse. La méthode dédiée s’appelle reconstitution de peuplements forestiers dégradés.

Le calcul est plus subtil que pour un boisement, parce que le scénario de référence n’est pas un terrain nu : c’est ce que serait devenu le peuplement dégradé sans intervention. Un diagnostic préalable de dépérissement est exigé.

La Forêt du Hicot, dans les Landes, et le bois de Lanche, dans le Loiret, relèvent de ce cas. Ce sont des chantiers de réparation, pas de conquête.

L’agroforesterie : des arbres dans la parcelle

L’agroforesterie associe sur une même parcelle des arbres et une production agricole : alignements dans une culture, arbres dans une prairie pâturée, haies bocagères en bordure. La parcelle ne devient pas une forêt.

Son intérêt dépasse le carbone : ombre pour les animaux, coupe-vent, retenue de l’eau et des sols, refuge pour les auxiliaires de culture. C’est souvent le levier le mieux accepté par les agriculteurs, parce qu’il sert d’abord à l’exploitation.

Dans le Label Bas-Carbone, l’implantation de haies et l’agroforesterie apparaissent le plus souvent comme des leviers à l’intérieur des méthodes agricoles, aux côtés des pratiques de sol et de troupeau.

Pourquoi la distinction change le volume vendu

Les trois gestes ne produisent pas les mêmes tonnes, parce que le scénario de référence n’est pas le même. C’est le point que la plupart des discussions publiques manquent : on compare des volumes sans comparer les points de départ.

Un boisement sur friche affiche un écart important, mais il convertit un milieu ouvert, ce qui a aussi des effets sur la biodiversité qu’il faut regarder. Un reboisement affiche un écart plus faible, mais il répare un dommage constaté.

Sur les fiches de ce site, la méthode dont relève chaque projet est indiquée en clair, avec le volume labellisé quand il existe. C’est le seul moyen de comparer honnêtement deux projets.

Comment choisir entre les trois quand on contribue

Il n’y a pas de hiérarchie morale entre ces trois gestes : ils répondent à des situations différentes. La bonne question n’est pas lequel stocke le plus, mais lequel manque là où le projet se trouve.

Si vous êtes sensible à la reconstitution après sinistre, un reboisement a un sens immédiat : la parcelle porte encore la trace du dommage. Si vous voulez financer la création d’un milieu forestier durable sur des terres délaissées, le boisement y répond.

Et si l’agriculture vous parle davantage, les projets agricoles du catalogue portent aujourd’hui 43 pour cent du volume labellisé, avec des leviers qui touchent au sol, au troupeau et aux haies. Le prix est le même partout : 54,00 € la tonne, sur les 6 projets.

Deux projets où cela se voit

Les articles de ce blog ne parlent pas dans le vide : voici deux projets ouverts aux contributions sur Carbone.eco, choisis dans la famille dont traite cet article. Leur fiche donne la commune, la méthode, le volume et l’avancement.

Les sources de cet article

Tout chiffre cité plus haut vient soit des données publiées sur ce site, soit de l’une des sources ci-dessous. Elles sont publiques : les vérifier ne demande qu’un clic.

Label Bas-CarboneMinistère de la Transition Écologique

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