Quelles essences planter selon le sol et le climat

Publié le · 4 min de lecture · par STOCK CO2, opérateur de projets labellisés

Le choix d’une essence ne se fait pas au catalogue mais sur la station : la nature du sol, sa profondeur, sa réserve en eau, l’altitude, la pluviométrie et l’exposition décident avant tout le reste. Le Label Bas-Carbone impose d’ailleurs l’adaptation au sol et au climat, et la diversité du peuplement. Voici les grandes familles de situations et les 22 essences documentées sur ce site.

Douglas vert, résineux à croissance rapide adapté aux sols acides et profonds
Douglas vert, résineux à croissance rapide adapté aux sols acides et profonds

On plante une station, pas une espèce

Un sylviculteur ne choisit pas d’abord ce qu’il aime : il constate ce que la parcelle peut porter. Un sol sableux et pauvre, un sol calcaire sec, un sol alluvial frais et profond n’accueillent pas les mêmes arbres, et une erreur à ce stade se paie pendant trente ans.

Les critères qui décident sont peu nombreux et têtus : la texture du sol, sa profondeur exploitable, sa réserve utile en eau, son pH, l’altitude, la pluviométrie annuelle et les gelées tardives.

C’est pourquoi une même méthode du label donne des volumes très différents d’une parcelle à l’autre. Les tables de production forestières croisent l’essence et la station : elles ne donnent pas un rendement moyen national.

Sols pauvres et sableux, climat atlantique

Le pin maritime est l’essence de référence de ces sols que rien d’autre ne valorise. Il pousse vite sur des sables acides et pauvres, supporte le sel marin, et c’est lui qui a permis de fixer le massif landais.

Sa croissance rapide en fait un bon candidat carbone sur des terrains où un feuillu végéterait. En contrepartie, un peuplement monospécifique de pins est vulnérable à l’incendie et aux ravageurs : la diversification n’est pas un luxe.

Sols acides et profonds, pluviométrie soutenue

C’est le domaine du Douglas, qui demande des sols acides, profonds et bien drainés, une altitude comprise entre trois cents et mille mètres et plus de huit cents millimètres de pluie par an. Là où ces conditions sont réunies, sa productivité est parmi les plus élevées de France.

Là où elles ne le sont pas, il souffre vite : le Douglas supporte mal les sécheresses répétées et les sols superficiels. Le planter hors de sa station par attrait pour sa croissance est l’erreur la plus fréquente, et la plus coûteuse.

Le chêne rouge d’Amérique offre une alternative feuillue sur sols acides à neutres bien drainés, avec une croissance rapide dans les premières décennies.

Sols calcaires et secs, climat qui se réchauffe

Sur les coteaux calcaires, secs et pierreux du sud, le chêne pubescent est chez lui. Son intérêt dépasse la station actuelle : c’est une essence adaptée au sec, donc une des réponses aux étés qui s’allongent.

Le cèdre de l’Atlas relève de la même logique. Originaire des montagnes d’Afrique du Nord, il résiste à la sécheresse, tient sur calcaire comme sur silice, et vit très longtemps. On parle à son sujet de migration assistée : installer aujourd’hui une essence dont le climat d’origine ressemble au climat attendu ici demain.

Le pin laricio de Corse complète la palette en montagne, sur des sols variés y compris calcaires, avec une bonne résistance au froid.

Vallées fraîches, et la question de la vitesse

Sur les sols alluviaux riches et frais des vallées, les peupliers offrent la croissance la plus rapide de toutes les essences documentées ici, donc une fixation importante en peu d’années. Trois cultivars sont décrits sur ce site, dont un plus tolérant au vent.

La vitesse n’est pas tout : un bois qui pousse vite est souvent moins dense, donc stocke moins par mètre cube, et son cycle est court. Le carbone d’un peuplier dépend beaucoup de ce que devient le bois après récolte.

C’est la raison pour laquelle un projet sérieux mélange les logiques : des essences rapides qui installent vite un couvert, des essences lentes et denses qui tiendront le siècle. Les méthodes du label imposent d’ailleurs la diversité, et la vérification après cinq saisons de végétation constate ce qui a réellement pris.

Deux projets où cela se voit

Les articles de ce blog ne parlent pas dans le vide : voici deux projets ouverts aux contributions sur Carbone.eco, choisis dans la famille dont traite cet article. Leur fiche donne la commune, la méthode, le volume et l’avancement.

Les sources de cet article

Tout chiffre cité plus haut vient soit des données publiées sur ce site, soit de l’une des sources ci-dessous. Elles sont publiques : les vérifier ne demande qu’un clic.

Label Bas-CarboneMinistère de la Transition Écologique

D’autres articles du blog

Tous les articles du blog