Le chêne sessile face au réchauffement

Publié le · 3 min de lecture · par STOCK CO2, opérateur de projets labellisés

Le chêne sessile est l’arbre le plus emblématique des forêts françaises et l’un des mieux placés pour traverser le réchauffement : il supporte mieux la sécheresse que le chêne pédonculé et bien mieux que le hêtre. Sa limite n’est pas la chaleur mais le temps — il pousse lentement, et une plantation d’aujourd’hui ne sera un peuplement mûr que dans un siècle. Voilà ce que cela implique pour un projet carbone.

Chêne rouvre sessile (Quercus petraea) en forêt française
Chêne rouvre sessile (Quercus petraea) en forêt française

Ce qui distingue le sessile du pédonculé

Les deux chênes se ressemblent et n’occupent pas les mêmes sols. Le sessile, aussi appelé chêne rouvre, se reconnaît à ses feuilles à long pétiole et à ses glands presque sans pédoncule — l’inverse exact du pédonculé.

Cette différence de morphologie recouvre une différence écologique décisive : le sessile préfère les sols bien drainés, les collines et les coteaux, quand le pédonculé recherche des sols plus frais et plus riches en eau.

Dans un climat qui s’assèche, cet écart devient un avantage. Les dépérissements observés depuis les grandes sécheresses touchent davantage le pédonculé et le hêtre que le sessile.

Une essence de carbone dense, mais lente

La fiche essence publiée sur ce site décrit le chêne sessile comme stockant de l’ordre de cinq à huit tonnes de CO2 sur sa durée de vie, avec un bois dense qui en fait un excellent réservoir. Sa longévité se compte en siècles.

La densité du bois est ce qui compte le plus pour le carbone : à volume égal, un bois dense stocke davantage. C’est l’avantage structurel des feuillus lents sur les résineux rapides.

Mais la vitesse compte aussi, et là le sessile est désavantagé. Sur les trente ans que comptabilise une méthode forestière du label, il produira moins qu’un Douglas ou qu’un peuplier installés sur leur station.

Pourquoi on en plante quand même dans un projet carbone

Parce qu’un projet ne se juge pas seulement sur trente ans. Un peuplement de chênes installé aujourd’hui continuera de stocker bien après la fin de la période de comptabilisation, et son bois d’œuvre prolongera ce stock dans des charpentes et des meubles.

Parce que la diversité est une obligation des méthodes, et une protection : un peuplement mélangé résiste mieux à un ravageur ou à une sécheresse qu’une plantation d’une seule espèce.

Et parce que le chêne porte une vie que les résineux ne portent pas. Un chêne mûr abrite des centaines d’espèces d’insectes et une communauté d’oiseaux, de champignons et de lichens qui en dépendent.

Ses vraies limites

Le sessile n’est pas invulnérable. Il souffre des sécheresses prolongées quand elles se répètent plusieurs années de suite, et les attaques d’insectes défoliateurs affaiblissent les arbres déjà stressés.

Sa régénération naturelle est aussi capricieuse : les glandées sont irrégulières, et la concurrence des ronces ou des graminées étouffe les semis. C’est une des raisons pour lesquelles la plantation, avec entretien, reste souvent nécessaire.

Enfin, un plant de chêne demande plus de soins qu’un résineux dans ses premières années. Cet entretien est justement ce que finance une contribution, et ce que la vérification après cinq saisons de végétation vient constater.

Le chêne dans les projets de ce site

Les projets forestiers de Carbone.eco mélangent feuillus et résineux selon la station, et le chêne y figure là où le sol et l’exposition lui conviennent. Les 22 essences documentées sur le site décrivent chacune son habitat, sa croissance et son comportement climatique.

Le principe reste le même partout : on plante ce que la parcelle peut porter dans trente ans, pas ce qui se vend le mieux. C’est une exigence des méthodes du label, pas une préférence esthétique.

Aujourd’hui, 1 194 tCO2eq sont labellisées sur l’ensemble du catalogue, à 54,00 € la tonne.

Deux projets où cela se voit

Les articles de ce blog ne parlent pas dans le vide : voici deux projets ouverts aux contributions sur Carbone.eco, choisis dans la famille dont traite cet article. Leur fiche donne la commune, la méthode, le volume et l’avancement.

Les sources de cet article

Tout chiffre cité plus haut vient soit des données publiées sur ce site, soit de l’une des sources ci-dessous. Elles sont publiques : les vérifier ne demande qu’un clic.

Label Bas-CarboneMinistère de la Transition Écologique

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