Le pin maritime, l’essence qui reconstruit les Landes
Le pin maritime pousse vite sur des sables acides et pauvres où presque rien d’autre ne prospère. C’est ce qui a permis de fixer le plus grand massif forestier artificiel d’Europe, et c’est aussi ce qui en fait l’essence de la reconstitution après incendie. La Forêt du Hicot, à Mano dans les Landes, est un projet de ce type : replanter là où le feu est passé.
Une essence faite pour les sols que personne ne veut
Le pin maritime demande des sols sableux, acides et pauvres, un climat atlantique ou méditerranéen, et il supporte le sel marin. Cette liste décrit exactement les terrains que l’agriculture ne peut pas valoriser.
Sa croissance est rapide, ce qui compte doublement dans un projet carbone : la séquestration démarre tôt, et le couvert se referme vite, ce qui limite la concurrence des herbes et donc l’entretien.
Ses aiguilles longues et sa résine abondante font le paysage du sud-ouest. La résine a longtemps fait vivre le massif, avant que le bois de papeterie et de panneaux prenne le relais.
Le massif landais, une forêt entièrement plantée
Le massif des Landes de Gascogne couvre environ un million d’hectares. Ce n’est pas une forêt ancienne : elle a été semée et plantée au dix-neuvième siècle, sous le Second Empire, pour assainir des marécages insalubres et fixer les sables.
C’est un rappel utile quand on discute de plantation : la plus grande forêt d’Europe occidentale est le produit d’un chantier humain de grande ampleur, mené sur des décennies.
Cela signifie aussi qu’elle est gérée, exploitée et régulièrement renouvelée. Un projet de reboisement dans ce massif s’inscrit dans une pratique continue depuis cent cinquante ans.
Le feu, et ce qu’il impose
Un massif de résineux, dense et résineux au sens propre, brûle. Les grands incendies de ces dernières années l’ont rappelé, et l’affaiblissement des peuplements par la sécheresse aggrave le risque.
Après un incendie, la parcelle ne se régénère pas toujours seule dans des conditions acceptables : c’est là qu’intervient la méthode de reconstitution de peuplements forestiers dégradés, avec un diagnostic préalable et un engagement de maintien de l’état boisé sur trente ans.
Le carbone d’un tel projet n’est pas un carbone de conquête, c’est un carbone de réparation. Le scénario de référence n’est pas un terrain nu mais un peuplement détruit qui aurait mal repris.
Ce que le label impose sur ce type de projet
La décote de non-permanence prend ici tout son sens : sur un massif exposé au feu, une part du volume calculé est retirée d’avance, avant toute mise en vente, pour couvrir le risque de sinistre.
La diversification des essences est également exigée quand la station le permet. Un peuplement entièrement monospécifique est plus productif à court terme et plus fragile ensuite.
Et la vérification par un auditeur indépendant après cinq saisons de végétation constate ce qui a réellement pris. Aucune tonne n’est reconnue avant.
- Diagnostic de l’état dégradé avant tout dossier.
- Maintien de l’état boisé pendant trente ans minimum.
- Décote de non-permanence appliquée au volume, avant vente.
- Vérification de terrain après cinq saisons de végétation.
Le projet de la Forêt du Hicot
À Mano, dans les Landes, la Forêt du Hicot est un chantier de reboisement après incendie. Sa fiche indique la commune, la méthode et l’état d’avancement, avec un journal de terrain daté et des photos prises sur place.
Comme pour tout projet dont les tonnes ne sont pas encore reconnues, le site écrit ce qu’il en est plutôt que d’afficher un volume acquis. C’est une règle générale ici : on ne présente pas comme labellisé ce qui est en cours de labellisation.
Sur l’ensemble du catalogue, 6 projets sont ouverts dans 4 régions, au même prix de 54,00 € la tonne.
Deux projets où cela se voit
Les articles de ce blog ne parlent pas dans le vide : voici deux projets ouverts aux contributions sur Carbone.eco, choisis dans la famille dont traite cet article. Leur fiche donne la commune, la méthode, le volume et l’avancement.
Les sources de cet article
Tout chiffre cité plus haut vient soit des données publiées sur ce site, soit de l’une des sources ci-dessous. Elles sont publiques : les vérifier ne demande qu’un clic.
- Centre national de la propriété forestière (CNPF) — porteur des méthodes forestières du label
- IGN — inventaire forestier national — surface, croissance, mortalité et santé des forêts françaises
- Ministère de la Transition Écologique — le Label Bas-Carbone — référentiel, méthodes approuvées et projets labellisés
- Office national des forêts — gestion des forêts publiques et adaptation des essences au climat
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