Que devient l’argent d’une contribution carbone
Quand vous payez 54,00 € pour une tonne sur Carbone.eco, la plus grosse part — environ la moitié — part au porteur du projet : le propriétaire forestier ou l’agriculteur qui exécute le chantier et l’entretient pendant cinq ans. Le reste couvre des postes identifiés : le montage du dossier et sa labellisation, le contrôle indépendant et la réserve pour aléas, le fonctionnement de la plateforme. Voici ces quatre masses, en ordres de grandeur, et pourquoi l’argent ne part pas d’un coup.
La part qui va au terrain
Environ la moitié du prix d’une tonne finance des dépenses physiques. Sur un boisement : la préparation du sol, les plants, la mise en terre, les protections contre le gibier, les regarnis les années suivantes, et l’entretien pendant les cinq premières années, qui est la période où un plant meurt ou s’installe.
Sur une exploitation agricole, ce sont d’autres dépenses : le diagnostic initial et final, les semences des couverts végétaux, l’adaptation des matériels ou des rations, le temps passé à suivre le plan d’actions.
Cette part est versée au porteur de projet, c’est-à-dire à celui qui fait le travail. Elle est calculée pour couvrir un coût réel, pas pour dégager une rente : un projet mal payé est un projet mal entretenu, et un boisement mal entretenu ne stocke rien.
Les trois autres masses
Un projet labellisé suppose des dépenses qui n’ont rien à voir avec le nombre de plants : monter le dossier au format exigé par la méthode, le faire instruire par la région et labelliser par l’État, inscrire les réductions et leurs bénéficiaires au registre national. C’est la deuxième masse, environ un cinquième du prix, et c’est elle qui rend une petite contribution chère à produire.
Vient ensuite ce qui paie la vérification plutôt que la promesse : l’auditeur indépendant qui vient constater l’état du peuplement ou des pratiques avant qu’une seule tonne soit reconnue, et la provision pour aléas et assurances. Environ un dixième.
Le dernier cinquième couvre le fonctionnement de la plateforme — le site, le paiement, l’émission des certificats et des factures, le registre public, le service aux contributeurs, le suivi des projets dans la durée — ainsi que la veille sur les méthodes et la gestion financière.
Ces montants sont fixés par tonne et écrits dans nos conditions générales de vente, à l’article « Modalités de l’emploi de la Contribution ». Ce sont eux qui font foi ; les fractions ci-dessus n’en sont que la lecture en ordres de grandeur.
- Les travaux sur le terrain : environ la moitié.
- Le montage du dossier, sa labellisation et l’inscription au registre national : environ un cinquième.
- Le contrôle indépendant et la réserve pour aléas : environ un dixième.
- La plateforme, la recherche sur les méthodes et la gestion : environ un cinquième.
Une commission fixe, la même sur tous les projets
La part que prend Carbone.eco est fixe : elle ne dépend ni du volume acheté, ni du projet choisi. C’est un détail d’apparence comptable qui a une conséquence directe pour le lecteur — aucun projet ne rapporte plus qu’un autre à la plateforme, donc aucun n’a de raison d’être mis en avant plutôt qu’un autre.
C’est aussi pour cela que le prix est identique sur les 6 projets du catalogue. Le choix se fait sur le lieu, la méthode et l’histoire du projet, pas sur un tarif.
Nous ne publions pas ici le pourcentage exact, et ce n’est pas une pudeur : les montants qui engagent sont ceux du contrat, poste par poste, et un chiffre rond répété sur une page commerciale a vite fait de ne plus correspondre au document qui fait foi. Les conditions générales de vente sont la référence.
Pourquoi l’argent ne part pas d’un coup
Une contribution ne se transforme pas en virement immédiat au porteur. Le financement suit l’avancement du projet, parce que le label engage le porteur sur des étapes vérifiables et non sur une intention.
Cela protège le contributeur : si un chantier n’est pas fait, il n’a pas été payé. Cela protège aussi le porteur, qui sait sur quoi il s’engage et à quelle échéance.
Le suivi est public : chaque fiche projet porte un journal daté qui dit ce qui a été fait, quand, et par qui. C’est le seul moyen de rendre compte d’un chantier qui dure trente ans.
Deux projets où cela se voit
Les articles de ce blog ne parlent pas dans le vide : voici deux projets ouverts aux contributions sur Carbone.eco, choisis dans la famille dont traite cet article. Leur fiche donne la commune, la méthode, le volume et l’avancement.
Les sources de cet article
Tout chiffre cité plus haut vient soit des données publiées sur ce site, soit de l’une des sources ci-dessous. Elles sont publiques : les vérifier ne demande qu’un clic.
- Ministère de la Transition Écologique — le Label Bas-Carbone — référentiel, méthodes approuvées et projets labellisés
- Centre national de la propriété forestière (CNPF) — porteur des méthodes forestières du label
- Conditions générales de vente de Carbone.eco — article « Modalités de l’emploi de la Contribution »
À lire ensuite sur le site
- où va l’argent d’une tonne, par grandes massesLes quatre masses du prix, en ordres de grandeur, sur la page « Comprendre ».
- les conditions générales et l’emploi de la contributionLe texte contractuel, qui chiffre chaque poste à l’euro.
- les projets du catalogue et leur journal de terrainCe qui a été fait sur la parcelle, daté et photographié.
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