Ce qu’une plantation apporte à une commune

Publié le · 4 min de lecture · par STOCK CO2, opérateur de projets labellisés

Une plantation de quelques hectares ne change pas le bilan carbone d’une commune, et il vaut mieux le dire d’emblée. Ce qu’elle change est local : un sol tenu, de l’eau ralentie, une continuité rétablie entre deux bois, des chantiers confiés à des entreprises de la région, et du bois dans plusieurs décennies. Le Bois de la Vernée, à Saint-Vallier en Saône-et-Loire, en est l’exemple le plus lisible qu’ait mené STOCK CO2 : 5,4 hectares de terres agricoles délaissées, boisés pour relier deux massifs forestiers aux portes d’une zone urbaine. Le projet n’est plus proposé à la contribution ; sa fiche reste publiée, et ce qu’elle décrit vaut pour n’importe quelle commune.

Parcelle boisée du Bois de la Vernée, aux abords de Saint-Vallier en Saône-et-Loire
Parcelle boisée du Bois de la Vernée, aux abords de Saint-Vallier en Saône-et-Loire

Commençons par ce qu’une plantation ne fait pas

Elle ne neutralise pas les émissions d’un territoire. Les émissions d’une commune de quelques milliers d’habitants — déplacements, chauffage, alimentation — sont sans commune mesure avec ce que séquestrent quelques hectares de jeunes arbres.

Elle ne remplace pas non plus les décisions qui comptent à cette échelle : la rénovation des bâtiments, l’organisation des déplacements, la maîtrise de l’étalement urbain. Une plantation présentée comme une politique climatique communale est une diversion.

Enfin elle n’est pas immédiate. Un boisement met dix à quinze ans avant de ressembler à quelque chose, et trente ans avant que sa comptabilité carbone ne s’achève.

L’eau et le sol, effet le plus rapide

C’est là que le bénéfice est le plus précoce. Un couvert permanent intercepte la pluie, ralentit le ruissellement et retient la terre, alors qu’une parcelle nue ou en friche rase se laisse éroder à chaque orage violent.

Sur des terres agricoles délaissées en pente, ou en tête de bassin versant, un boisement joue un rôle tampon dont l’effet se mesure en aval, sur les fossés et les cours d’eau.

Le système racinaire structure aussi le sol en profondeur, ce qui améliore l’infiltration. Sur un territoire qui alterne sécheresses et pluies intenses, c’est un service qui n’a rien d’accessoire.

Relier plutôt que planter n’importe où

La fragmentation des milieux est l’une des premières causes de perte de biodiversité en plaine. Des bois isolés les uns des autres, séparés par des parcelles ouvertes ou des infrastructures, abritent moins d’espèces que la même surface reliée.

C’est précisément ce que fait le Bois de la Vernée : les parcelles boisées s’intercalaient entre deux massifs voisins, à proximité d’une zone habitée. Les boiser revient à recoudre une continuité là où elle avait disparu.

Une plantation qui relie vaut donc mieux qu’une plantation deux fois plus grande posée au hasard. C’est un critère que les élus peuvent poser eux-mêmes, avant même de parler de carbone.

  • Un sol tenu et un ruissellement ralenti, dès les premières années.
  • Une continuité écologique rétablie entre deux boisements existants.
  • Des travaux confiés à des entreprises de travaux forestiers locales.
  • Du bois, mais dans plusieurs décennies, et jamais avant.

Ce que le chantier fait vivre localement

Un boisement n’est pas une signature au bas d’un contrat. C’est de la préparation de terrain, des plants, des protections contre le gibier, une plantation en hiver, des regarnis, puis des dégagements pendant trois à cinq ans.

Ces travaux sont réalisés par des entreprises de travaux forestiers, des pépiniéristes et des gestionnaires établis dans la région. La dépense reste largement locale, ce qui n’est pas le cas de beaucoup de projets carbone à l’étranger.

À plus long terme, un peuplement bien conduit produit du bois. Ce n’est pas contradictoire avec le carbone : le référentiel n’interdit pas la récolte, il interdit de renoncer à l’état boisé.

Ce qu’une commune doit savoir avant de se lancer

Le porteur d’un projet est celui qui maîtrise le foncier. Une commune propriétaire de terrains délaissés peut donc porter un projet, comme un particulier, à condition d’accepter l’engagement de maintien de l’état boisé sur trente ans.

Deux règles limitent le champ. L’additionnalité d’abord : un boisement déjà décidé, déjà financé par une autre aide, ou déjà obligatoire, n’est pas labellisable. La réglementation ensuite : de nombreux départements ont adopté des réglementations des boisements, prévues par le code rural, qui encadrent ou interdisent la plantation d’arbres sur certaines parcelles agricoles.

Enfin, une plantation reste une propriété. Sur les projets de ce site, les parcelles sont privées et l’accès n’est pas un droit acquis pour les contributeurs : le boisement est un service rendu au territoire, pas un espace public créé.

Deux projets où cela se voit

Les articles de ce blog ne parlent pas dans le vide : voici deux projets ouverts aux contributions sur Carbone.eco, choisis dans la famille dont traite cet article. Leur fiche donne la commune, la méthode, le volume et l’avancement.

Les sources de cet article

Tout chiffre cité plus haut vient soit des données publiées sur ce site, soit de l’une des sources ci-dessous. Elles sont publiques : les vérifier ne demande qu’un clic.

Label Bas-CarboneMinistère de la Transition Écologique

D’autres articles du blog

· 4 min de lecture

Les couverts végétaux et le carbone du sol

Un couvert végétal est une culture semée entre deux cultures principales pour ne jamais laisser le sol nu. Elle capte du CO2 par photosynthèse et le laisse au sol…

· 3 min de lecture

La méthode Carbon Agri, expliquée à un éleveur

Carbon Agri est la première méthode agricole approuvée dans le Label Bas-Carbone. Elle s’adresse aux élevages bovins et repose sur un principe simple : un…

Tous les articles du blog