Les couverts végétaux et le carbone du sol

Publié le · 4 min de lecture · par STOCK CO2, opérateur de projets labellisés

Un couvert végétal est une culture semée entre deux cultures principales pour ne jamais laisser le sol nu. Elle capte du CO2 par photosynthèse et le laisse au sol quand elle est détruite. Les données publiées sur ce site situent le stockage entre 0,5 et 1,5 tonne de CO2 par hectare et par an selon la biomasse produite : c’est l’un des leviers agricoles les plus efficaces, et l’un des rares qui rend aussi service à la parcelle.

Parcelle de grandes cultures de la Ferme de la Houblonnière, dans l'Aube
Parcelle de grandes cultures de la Ferme de la Houblonnière, dans l’Aube

Ce que fait un couvert, physiquement

Entre la récolte d’une culture et le semis de la suivante, un sol laissé nu perd. Il perd de la terre par érosion, de l’azote par lessivage, et il perd de la matière organique parce que rien ne vient la renouveler.

Un couvert semé sur cet intervalle capte le CO2 de l’air, le transforme en biomasse aérienne et racinaire, puis le restitue au sol quand il est détruit par le gel ou le broyage. Une partie de cette matière organique se transforme en humus stable, qui séquestre le carbone pendant des décennies.

Plus la biomasse produite est importante, plus le stockage est élevé. C’est pour cela qu’un couvert semé tôt, sur une parcelle où il a le temps de pousser, ne vaut pas un couvert semé tard et détruit trop vite.

Ce que disent les chiffres du levier

Le levier « couverts végétaux et biomasse » documenté sur ce site est classé à impact fort, avec un stockage direct de 0,5 à 1,5 tonne de CO2 par hectare et par an selon la biomasse produite. La fourchette est large parce que la réalité l’est : le climat, la date de semis et l’espèce choisie décident.

À l’échelle d’une exploitation de grandes cultures, cet ordre de grandeur suffit à faire du couvert un pilier du plan d’actions, aux côtés de la fertilisation et de la rotation.

Il faut cependant tenir compte d’une limite bien connue : un sol ne stocke pas indéfiniment. Le gain est réel pendant les premières décennies, puis le stock tend vers un nouvel équilibre — raison de plus pour le sécuriser dans la durée.

Les cobénéfices, qui décident souvent avant le carbone

Un agriculteur n’adopte pas un couvert pour le carbone. Il l’adopte parce qu’il tient la terre en hiver, structure le sol, nourrit la vie biologique et réduit le lessivage des nitrates vers les nappes.

Le choix des espèces ajoute d’autres effets. Une légumineuse dans le mélange capte l’azote de l’air et en laisse pour la culture suivante, ce qui réduit l’achat d’engrais azoté — dont la fabrication et l’épandage sont les principaux postes d’émissions en grandes cultures.

Le couvert est donc un levier rare : il coûte peu, il sert immédiatement, et son effet climatique se cumule à ses effets agronomiques.

  • Moins d’érosion et de battance sur les sols nus en hiver.
  • Moins de nitrates lessivés vers les nappes phréatiques.
  • Une structure de sol et une vie biologique améliorées.
  • De l’azote laissé pour la culture suivante quand le mélange contient des légumineuses.

Ce que la méthode reconnaît, et ce qu’elle ne reconnaît pas

La méthode Grandes Cultures du Label Bas-Carbone comptabilise les couverts parmi les leviers de stockage, sur cinq ans, à partir d’un diagnostic initial et d’un suivi annuel des pratiques.

Mais une couverture des sols déjà imposée par la réglementation n’est pas additionnelle : ce que la loi exige ne peut pas être vendu comme un effort supplémentaire. C’est la règle générale du label, et elle réduit le périmètre labellisable.

Ce qui est reconnu, c’est donc l’effort au-delà de l’obligation : couvrir plus longtemps, produire plus de biomasse, introduire des espèces qui apportent davantage.

Où cela se passe sur ce site

La Ferme de la Houblonnière, à Herbisse dans l’Aube, avait inscrit les couverts végétaux parmi ses quatre leviers, sous la méthode Grandes Cultures. Le projet a été labellisé en mai 2023 ; il n’est plus proposé à la contribution, mais sa fiche reste publiée et décrit levier par levier ce qui a été engagé.

Les 13 leviers agricoles documentés sur le site sont décrits un par un : ce qu’ils font, par quel mécanisme, à quel niveau d’impact, et avec quels cobénéfices sur l’eau, les sols, la biodiversité et l’exploitation elle-même.

Aujourd’hui, 2 fermes portent 43 pour cent du volume labellisé du catalogue, soit 518 des 1 194 tCO2eq reconnues.

Deux projets où cela se voit

Les articles de ce blog ne parlent pas dans le vide : voici deux projets ouverts aux contributions sur Carbone.eco, choisis dans la famille dont traite cet article. Leur fiche donne la commune, la méthode, le volume et l’avancement.

Les sources de cet article

Tout chiffre cité plus haut vient soit des données publiées sur ce site, soit de l’une des sources ci-dessous. Elles sont publiques : les vérifier ne demande qu’un clic.

Label Bas-CarboneMinistère de la Transition Écologique

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