Combien pèse un aller-retour Paris–New York
Avec les facteurs publics de l’ADEME que reprend notre calculateur, un aller-retour Paris–New York en classe économique représente de l’ordre de 1,9 tonne de CO2 équivalent par passager. C’est, à lui seul, l’équivalent d’une part importante de l’empreinte annuelle d’un Français. Voici le calcul détaillé, ce qu’il inclut, et pourquoi la classe de voyage change tout.
Le calcul, étape par étape
La distance à vol d’oiseau entre Paris et New York est d’environ 5 835 kilomètres. Un avion ne vole pas en ligne droite : notre calculateur majore cette distance de huit pour cent pour approcher la trajectoire réelle, ce qui donne près de 6 300 kilomètres par trajet.
Le facteur retenu pour un vol long-courrier est de 152 grammes de CO2 équivalent par kilomètre et par passager, issu de la Base Empreinte de l’ADEME. Multiplié par la distance, cela donne environ 960 kilos pour un aller simple.
Un aller-retour double ce résultat : de l’ordre de 1,9 tonne de CO2 équivalent, pour une personne en classe économique.
Ce que ce facteur inclut déjà
Les émissions d’un avion ne se limitent pas au CO2 de la combustion. En altitude, les traînées de condensation et les oxydes d’azote produisent un effet de réchauffement supplémentaire, longtemps oublié des calculs grand public.
Les facteurs publiés que nous utilisons intègrent déjà ces effets non-CO2. C’est important : cela signifie qu’il ne faut pas leur appliquer de multiplicateur supplémentaire, comme on le lit parfois.
En revanche, ils ne couvrent pas les trajets vers l’aéroport, ni l’hébergement sur place. Un séjour complet pèse plus que son vol.
Pourquoi la classe change le résultat
Un siège plus large occupe plus de place dans l’appareil, donc porte une part plus grande de ses émissions. Le principe est simple : moins il y a de passagers pour la même carlingue, plus chacun pèse.
Les coefficients repris par notre calculateur sont explicites : premium économique multiplie par 1,6, classe affaires par 2,9, première classe par 4. Un aller-retour Paris–New York en classe affaires dépasse ainsi largement cinq tonnes.
C’est le levier le plus mal connu du transport aérien, et l’un des plus efficaces : à trajet identique, la classe de voyage fait varier le résultat d’un facteur quatre.
- Économique : le facteur de référence, 152 g par kilomètre et par passager en long-courrier.
- Premium économique : environ une fois et demie ce facteur.
- Affaires : près de trois fois.
- Première : quatre fois.
Mettre ce chiffre en perspective
L’empreinte carbone moyenne d’un Français est de l’ordre de neuf tonnes de CO2 équivalent par an, selon le service statistique du Ministère de la Transition Écologique. Un seul aller-retour transatlantique en économique en représente donc une part très significative.
Cet ordre de grandeur explique pourquoi l’avion concentre l’attention : il n’est pas le premier poste d’émissions du pays, mais il est capable de déplacer une empreinte individuelle en quelques heures.
Il explique aussi pourquoi aucun financement de projet ne peut être présenté comme annulant ce vol. Les tonnes émises et les tonnes financées sont deux quantités distinctes, elles ne se soustraient pas.
Ce qu’on peut faire, dans l’ordre
Le premier levier est la fréquence : un vol long-courrier de moins pèse plus que tous les gestes quotidiens réunis d’une année. Le deuxième est la classe. Le troisième est le report vers le train quand la distance le permet — notre calculateur retient 2,9 grammes par kilomètre pour un TGV, contre 258 pour un vol court-courrier.
Ce n’est qu’ensuite que la contribution a un sens : financer, à hauteur d’un volume mesuré, des réductions réelles et vérifiées ailleurs.
Sur ce site, une tonne coûte 61,32 €, sur l’un des 6 projets français labellisés ou en cours de labellisation. La contribution est nominative et vérifiable, elle ne prétend pas effacer le vol.
Deux projets où cela se voit
Les articles de ce blog ne parlent pas dans le vide : voici deux projets ouverts aux contributions sur Carbone.eco, choisis dans la famille dont traite cet article. Leur fiche donne la commune, la méthode, le volume et l’avancement.
Les sources de cet article
Tout chiffre cité plus haut vient soit des données publiées sur ce site, soit de l’une des sources ci-dessous. Elles sont publiques : les vérifier ne demande qu’un clic.
- ADEME — Base Empreinte — facteurs d’émission publics, repris tels quels par notre calculateur
- Impact CO2 (ADEME) — ordres de grandeur publics par usage
- Calculateur de Carbone.eco et ses sources — tous les facteurs utilisés y sont listés et liés
- Nos Gestes Climat (ADEME et Association Bilan Carbone) — empreinte personnelle complète
À lire ensuite sur le site
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