Les projets carbone en Pays de la Loire

Publié le · 4 min de lecture · par STOCK CO2, opérateur de projets labellisés

Les Pays de la Loire sont parmi les régions les moins boisées de France métropolitaine, et parmi les plus agricoles : élevage bovin, volailles, polyculture-élevage, bocage. Le levier carbone y est donc rarement l’arbre planté en plein, et presque toujours la conduite de l’exploitation — durée des prairies, alimentation du troupeau, légumineuses, haies. Aucun projet ouvert aux contributions ne s’y trouve aujourd’hui. Le projet labellisé qui y a été mené, la Ferme du Bout des Prés à La Garnache en Vendée, relevait de la méthode Carbon Agri ; il n’est plus proposé à la contribution, et sa fiche reste publiée.

Prairies de la Ferme du Bout des Prés, à La Garnache en Vendée
Prairies de la Ferme du Bout des Prés, à La Garnache en Vendée

Une région où la forêt n’est pas la réponse évidente

Le taux de boisement des Pays de la Loire est l’un des plus faibles de France métropolitaine. Ce n’est pas un accident : les terres y sont agricoles depuis longtemps, et le foncier disponible pour un boisement en plein est rare et disputé.

L’arbre n’a pas disparu pour autant, il a changé de forme. Le bocage — haies, alignements, arbres de plein champ — porte une part importante de la biomasse ligneuse régionale, sans jamais former de massif.

Un projet carbone crédible dans cette région part donc de ce qui existe : des exploitations, des prairies, un maillage de haies. Vouloir y transposer une logique forestière serait une erreur de lecture du territoire.

La Vendée, le bocage et le marais

La Garnache se situe dans le nord-ouest du département, à la charnière entre le bocage vendéen et le marais breton. C’est un pays d’élevage, où les prairies occupent une part importante de la surface agricole.

Ce contexte a une conséquence directe sur le carbone. Une prairie permanente est l’un des meilleurs puits de carbone agricoles : ses racines descendent à plus d’un mètre et injectent du carbone directement dans le sol, année après année.

Les données de leviers publiées sur ce site situent ce stockage entre 0,5 et 1 tonne de CO2 par hectare et par an pour une prairie permanente. À l’échelle d’une exploitation d’élevage, la surface concernée fait la différence.

La Ferme du Bout des Prés, ce qui y change

L’exploitation relève de la méthode Carbon Agri, portée par l’Institut de l’Élevage : un diagnostic CAP’2ER au départ, un plan d’actions sur cinq ans, un second diagnostic à l’arrivée, et une vérification par un auditeur indépendant avant toute reconnaissance.

Quatre leviers sont engagés sur la ferme : allonger la durée des prairies, modifier l’alimentation du troupeau, implanter des légumineuses, réduire la consommation d’électricité. Sa surface agricole se répartit entre prairies permanentes, prairies temporaires et cultures destinées à l’alimentation du bétail.

Le volume mis à la contribution était de 301 tonnes équivalent CO2. C’est un ordre de grandeur d’exploitation, pas de campagne de communication : il correspond à ce qu’une ferme peut réellement réduire et stocker en cinq ans, une fois retirée la part que la réglementation impose déjà.

  • Allonger les prairies : plus de racines, plus longtemps, donc plus de carbone dans le sol.
  • Modifier l’alimentation : agir sur le méthane entérique et sur les achats d’aliments.
  • Implanter des légumineuses : de l’azote capté dans l’air plutôt qu’acheté en sac.
  • Réduire l’électricité : bloc de traite, refroidissement du lait, éclairage des bâtiments.

Ce que ces leviers ne règlent pas

Le méthane entérique reste le poste dominant d’un élevage bovin, et aucun de ces leviers ne le supprime. Ils agissent sur son intensité — par l’alimentation, la conduite du troupeau, la productivité — pas sur son existence.

Il faut donc éviter deux discours symétriques et également faux : celui qui présente un élevage bas-carbone comme un élevage sans émissions, et celui qui refuse de reconnaître qu’une réduction réelle a eu lieu parce qu’elle n’est pas totale.

Ce que le label reconnaît, c’est un écart vérifié entre deux diagnostics faits avec le même outil. Ni plus, ni moins.

Ce que cela vaut à l’échelle du catalogue

Les deux fermes financées aujourd’hui portent 43 pour cent du volume labellisé de l’ensemble, soit 518 des 1 194 tonnes reconnues. L’agricole n’y est donc pas un supplément d’âme à côté de la forêt : c’en est presque la moitié.

Pour un contributeur des Pays de la Loire qui cherche un projet proche de chez lui, il n’y en a pas dans sa région, et la proximité n’est de toute façon pas un critère du label. Les fermes qu’on peut financer se trouvent en Ille-et-Vilaine et dans les Deux-Sèvres, deux départements limitrophes de la région : les Prairies de Billé, sous la même méthode Carbon Agri, et les Terres Vives du Bocage, sous une méthode qui vise le sol.

Et c’est vérifiable de la même manière que pour un projet forestier : commune, méthode, volume, audit, registre. Le type de projet change, pas les preuves à exiger.

Deux projets où cela se voit

Les articles de ce blog ne parlent pas dans le vide : voici deux projets ouverts aux contributions sur Carbone.eco, choisis dans la famille dont traite cet article. Leur fiche donne la commune, la méthode, le volume et l’avancement.

Les sources de cet article

Tout chiffre cité plus haut vient soit des données publiées sur ce site, soit de l’une des sources ci-dessous. Elles sont publiques : les vérifier ne demande qu’un clic.

Label Bas-CarboneMinistère de la Transition Écologique

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