Les projets carbone en Bourgogne-Franche-Comté

Publié le · 4 min de lecture · par STOCK CO2, opérateur de projets labellisés

La Bourgogne-Franche-Comté est l’une des régions les plus boisées de France, avec de l’ordre du tiers de sa surface en forêt, et l’une de celles où le dépérissement est le plus visible : les sécheresses successives et la crise du scolyte y ont imposé des coupes sanitaires massives. Aucun projet ouvert aux contributions ne s’y trouve aujourd’hui, et mieux vaut le dire avant tout le reste. Le boisement labellisé qui y a été mené, le Bois de la Vernée à Saint-Vallier en Saône-et-Loire, n’est plus proposé à la contribution ; sa fiche reste publiée, et elle dit bien ce qu’un boisement change dans une région comme celle-ci.

Boisement du Bois de la Vernée, à Saint-Vallier en Saône-et-Loire
Boisement du Bois de la Vernée, à Saint-Vallier en Saône-et-Loire

Une région forestière de feuillus, et un massif à part

La forêt régionale est d’abord une forêt de feuillus : chênaies et hêtraies sur les plateaux calcaires de la Côte-d’Or, de la Haute-Saône et du Jura, avec une part importante de forêts communales, héritage ancien de la gestion villageoise.

Le Morvan fait exception. Son socle granitique, acide et bien arrosé, en a fait le domaine des plantations résineuses, et notamment du douglas, dont la croissance y est parmi les meilleures de France.

Cette diversité explique que la région soit à la fois un grand producteur de bois d’œuvre feuillu et un terrain d’expérimentation sur les essences de substitution.

Le dépérissement, sujet central plutôt que toile de fond

Les sécheresses de la fin des années 2010 ont laissé des traces durables. Sur les sols superficiels des plateaux calcaires, le hêtre a été le premier touché, avec des houppiers clairsemés et des mortalités par plaques.

L’épicéa, planté hors de son optimum sur une partie du massif jurassien et des plateaux de Haute-Saône, a subi une attaque de scolyte typographe d’une ampleur inédite, qui a imposé des coupes sanitaires et bouleversé le marché du bois régional.

La conséquence pratique est que la question forestière, ici, n’est pas « faut-il planter des arbres » mais « que replante-t-on, et où ». C’est le contexte dans lequel un projet de boisement labellisé prend son sens.

Le Bois de la Vernée, à Saint-Vallier

Saint-Vallier se situe dans l’ancien bassin minier de Blanzy et Montceau-les-Mines, une zone dense et urbanisée posée au milieu du bocage charolais. Le projet y a boisé 5,4 hectares de parcelles agricoles délaissées.

Son intérêt n’est pas seulement carbone. Ces parcelles s’intercalaient entre deux massifs forestiers voisins : les boiser revient à recoudre une continuité, à la porte d’une zone habitée, là où la fragmentation des milieux est la plus forte.

Le peuplement a été installé pendant l’hiver 2021-2022 en mélange de cèdre de l’Atlas et de douglas de Menzies. La méthode estime à 1 449 tonnes équivalent CO2 ce que ces 5,4 hectares retireront de l’atmosphère en trente ans ; environ 450 en avaient été mises à la contribution, et c’est ce chiffre-là, et non le premier, qui figurait sur les certificats.

  • Commune : Saint-Vallier, Saône-et-Loire, Bourgogne-Franche-Comté.
  • Type : boisement de terres agricoles délaissées, 5,4 hectares.
  • Essences : cèdre de l’Atlas et douglas de Menzies, plantés en 2021-2022.
  • Volume : 1 449 tCO2eq estimées sur trente ans, dont environ 450 mises à la contribution.

Pourquoi ce mélange d’essences, et ce qu’il dit du climat

Le douglas est l’un des arbres les plus productifs cultivés en France, à condition d’avoir de l’eau : il demande des sols profonds, acides, et une pluviométrie confortable. Sur une station un peu juste, il souffre le premier en cas de sécheresse.

Le cèdre de l’Atlas vient des montagnes d’Afrique du Nord. Il supporte la sécheresse et les sols bien drainés, calcaires comme siliceux, et il est aujourd’hui l’une des essences les plus citées lorsqu’on cherche à installer un peuplement pour le climat attendu plutôt que pour le climat passé.

Mélanger les deux, c’est répartir un pari plutôt que de le concentrer. C’est aussi ce que demande le référentiel : diversité des essences et adaptation à la station, chaque fois que celle-ci le permet.

Ce qu’un contributeur peut financer, faute de projet dans la région

Il ne peut pas, aujourd’hui, financer un projet situé en Bourgogne-Franche-Comté : le catalogue n’en compte aucun dans la région. La proximité géographique n’est de toute façon pas un critère du Label Bas-Carbone, qui ne reconnaît qu’une méthode, un calcul et une vérification.

Il ne finance en revanche ni un droit d’accès à la parcelle, ni un arbre en particulier. Le terrain reste privé, et le certificat désigne un volume de réductions, pas une surface.

Sur l’ensemble du catalogue, 6 projets sont ouverts dans 4 régions, au même prix de 61,32 € la tonne. Le choix du projet est donc un choix de territoire et de type de chantier, jamais un choix de prix.

Deux projets où cela se voit

Les articles de ce blog ne parlent pas dans le vide : voici deux projets ouverts aux contributions sur Carbone.eco, choisis dans la famille dont traite cet article. Leur fiche donne la commune, la méthode, le volume et l’avancement.

Les sources de cet article

Tout chiffre cité plus haut vient soit des données publiées sur ce site, soit de l’une des sources ci-dessous. Elles sont publiques : les vérifier ne demande qu’un clic.

Label Bas-CarboneMinistère de la Transition Écologique

D’autres articles du blog

· 5 min de lecture

Une ferme qui change de pratiques, concrètement

Un projet agricole bas-carbone ne se voit pas depuis la route. Il commence par un diagnostic de l’exploitation, se poursuit par un plan d’actions de cinq ans —…

· 4 min de lecture

Ce qu’une plantation apporte à une commune

Une plantation de quelques hectares ne change pas le bilan carbone d’une commune, et il vaut mieux le dire d’emblée. Ce qu’elle change est local : un sol tenu, de l…

Tous les articles du blog